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55 2 Ti 001-013 001 Qu’appelle-t-on Texte Reçu

samedi 11 novembre 2006

Parallèlement avec le mouvement religieux de la Réforme se développent en Europe de nouvelles recherches bibliques. C’est une des composantes essentielles du travail de ceux que l’on appellera bientôt "les Humanistes". Avec Luther, Erasme, Robert Estienne, Lefèvre d’Etaples, Guillaume Farel, Olivétan, Calvin, s’épanouit la philologie, étude critique des textes qui se considère comme une science à part entière. Des dictionnaires de langue hébraïque sont publiés par des savants juifs comme Elia Levita ou des hébraïsants chrétiens comme Sébastien Münster et Paul Büchlein : 7 paraissent de 1515 à 1580 ; 15 autres de 1580 à 1630.

Toutes les Bibles publiées dans le monde réformé de cette époque ont pour caractéristique d’appartenir à un tronc commun de manuscrits grecs, pour le Nouveau Testament, qui est nommé "Texte majoritaire". Les travaux des humanistes chrétiens du XVIe siècle ont débouché sur des éditions d’un texte grec "vérifié". Ce texte a été appelé "Texte Reçu" pour le première fois dans la préface du Nouveau Testament grec d’Erasme publié après correction par Heinsius en 1633.

Le premier travail philologique d’Erasme de Rotterdam sur la Bible remontait déjà à l’année 1516 : il publia à cette date une édition grecque du Nouveau Testament réalisée en étudiant de nombreux manuscrits qu’il rechercha à travers d’incessants voyages. Avec cette première édition d’un Nouveau Testament revu non plus sur la "Vulgate", mais directement sur des manuscrits grecs, un mouvement de pensée profond vit le jour : Luther lança la Réforme en 1517, et 5 ans plus tard publia sa traduction du Nouveau Testament en allemand. En 1524, l’élan se poursuivit avec la parution du Nouveau Testament de la Bible de Zurich.

Le Texte Reçu (TR) repose donc sur l’ensemble des manuscrits grecs appelés "Texte gréco-byzantin" ou "Texte Majoritaire" (TM). Ces manuscrits proviennent d’Asie mineure et de Grèce, c’est-à-dire des territoires où furent fondées les premières églises chrétiennes apostoliques au premier siècle de notre ère. L’Asie mineure des 1er et 2ème siècles a été le cœur du Christianisme. Les chrétiens connaissaient l’importance de cette recommandation de l’Apôtre Paul à Timothée : « Retiens dans la foi, et dans la charité qui est en Jésus-Christ, le modèle des saines instructions que tu as entendues de moi. Garde le bon dépôt, par le Saint-Esprit qui habite en nous. » (2 Timothée 1:13-14)

Nous pouvons croire, en l’absence de toute donnée historique qui le réfuterait, que la transmission des écrits de la Parole de Dieu a été soigneusement effectuée. Les premiers copistes chrétiens ont bénéficié de la présence de nombreux juifs dans ces territoires : à leur contact, ils ont appris les techniques pour copier fidèlement les Ecrits Saints.

Dans les pays d’Asie Mineure, où le climat est assez humide, les copies sur parchemin, ou papyrus avaient une durée de vie de 150 ou 200 ans seulement. Cela contraignait les copistes à refaire sans cesse de nouveaux exemplaires. Les manuscrits les plus anciens en notre possession sont donc d’une date de création relativement tardive, du VIIIe au XVe siècle. On constate cependant, que plusieurs manuscrits du 5ème et 6ème siècle sur papyrus ont les formes typiques du TM (Texte Majoritaire). Cela confirme la régularité de ce corpus : la cohérence entre les différents manuscrits du TM est très grande, quel que soit leur âge ou leur provenance.

Pour les écritures de l’Ancien Testament, le Texte Massorétique fut la référence indiscutable. Le plus vieux manuscrit date du Xe siècle. Il est l’œuvre des Massorètes, une communauté de copistes juifs qui ont perpétué la tradition millénaire de la copie biblique. Dès la fin du 15ème siècle, le texte massorétique hébreu de la Bible fut imprimé à plusieurs reprises et servira aux humanistes pour traduire la Bible. Quelle valeur peut-on accorder aux copies hébraïques des Massorètes ? La Bible nous en donne la réponse : la Parole de Dieu elle-même rend témoignage que l’on peut vraiment faire confiance à leur travail. Voici ce qu’écrit Paul, sous le conduite du Saint-Esprit : (Romains 3:1-2) « Quelle est donc la prérogative du Juif, ou quelle est l’utilité de la circoncision ? Elle est grande en toute manière, surtout en ce que les oracles de Dieu leur ont été confiés. »

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(au sujet de l’utilisation des textes)

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