| « Nous ne pourrons ni abandonner le Christ ni rendre un Culte à un autre : car Lui nous L’adorons parce qu’il est Fils de Dieu. » |
| (Polycarpe) |
Le témoignage de la Bible seule est suffisant pour établir la divinité de Jésus-Christ. Mais si nous mentionnons quelques autres documents datant des premiers siècles, c’est pour démontrer que la foi des premiers chrétiens avait effectivement pour objet Christ, Dieu incarné, et cela bien avant toute formulation dogmatique.
Les écrits auxquels nous nous adresserons seront des écrits historiques ou de philosophes qui n’ont pas été écrits dans un souci apologétique [1]. Ils traduisent tout simplement la foi de l’Eglise primitive.
1. Le témoignage de Flavius Josèphe
Flavius Joséphe, historien juif né à Jérusalem en 37-38 et mort à la fin du premier siècle, a mentionné Jésus dans les Antiquités Judaïques (publiées entre 93 et 94), ainsi que Jean-Baptiste et Jacques, frère du Seigneur. Ces mentions permettent de conclure non seulement à l’historicité de Jésus, de sa crucifixion et de sa résurrection, mais aussi à sa nature surnaturelle.
« Vers cette époque surgit Jésus, homme sage, s’il faut vraiment l’appeler homme. Car il faisait des choses miraculeuses... Il était le Christ. [2] » La version slave donne davantage de précisions :
« Sa nature et son extérieur étaient d’un homme, mais son apparence plus qu’humaine et ses oeuvres divines. »
A propos de la résurrection, la même version slave note : « Car un mort ne peut se relever de lui-même, mais avec l’aide de la prière d’un autre juste, à moins que ce ne soit un ange ou quelqu’une des puissances célestes, ou que Dieu lui-même ne paraisse comme homme et accomplisse tout ce qu’il veut et marche avec les hommes et tombe et se couche et se relève selon sa volonté. »
Plusieurs critiques pensent qu’il s’agirait là d’ajouts postérieurs à Flavius Josèphe. Cependant, le manuscrit arabe du 10ème siècle découvert en février 1972 par le professeur Shlomo Pines [3] de l’Université hébraïque de Jérusalem, et qui passe pour authentique et non retouché, parle aussi des miracles, de la crucifixion et de la résurrection de Jésus.
2. Le témoignage de Pline le Jeune [4]
Dans une lettre à l’empereur Trajan [5], et datant de 110 à 113, Pline affirme que les chrétiens se réunissaient un jour déterminé, avant l’aube et chantant un hymne à la gloire du Christ, comme si c’était un Dieu (quasi Deo). (Epist. X 96).
3. Le témoignage de Tacite [6]
Vers 115 ou 117, Tacite parle du christianisme comme d’une « superstition détestable » (Ann. XV.44). Ne voulait-il pas par là insinuer que les chrétiens rendaient un culte au Crucifié ?
4. Le témoignage de Suétone [7]
Vers 120, Suétone, dans la Vie de Claude [8], affirme que l’empereur Claude « expulsa les Juifs de Rome, car sous l’influence de « Chrestus », ils causaient un grand tumulte » (Claudius, XXV). Dans sa Vie de Néron [9], à l’instar de Tacite, il qualifie les chrétiens « une côterie [10] de gens adonnés à une superstition nouvelle et pernicieuse... » (Nero, XVI).
5. La lettre de Trajan
Cette lettre, reprise par Vopiscus [11] dans sa Vie de Saturnin et datant de 134, parlait des vicissitudes religieuses de l’époque : « Le patriarche lui-même est contraint par d’aucuns à adorer Sérapis [12], par d’autres à se prosterner devant le Christ ».
6. L’apologie d’Aristide [13]
De cet ouvrage [14], qui date des années 138 à 160, et cité par Eusèbe de Césaré [15] on connaît une version arménienne, un manuscrit Syriaque et un texte grec. On y lit : « Il est dit que Dieu descendit des cieux et naquit d’une vierge hébraïque et prit chair... » [16]
7. Le rhéteur Lucien de Samosate [17]
Lucien de Samosate était un grand voyageur [18] qui se tenait au courant des idées de son temps. Il fait confesser le chrétien dans son « Philopatris » : « le Dieu exalté... Fils du Père, Esprit procédant du Père, l’Un d’entre les Trois et Trois d’entre un » [19].
8. La lettre du roi Abgar [20]
Eusèbe reproduit une lettre extraite des archives d’Edesse [21], qu’il traduisit du syriaque, et qui est attribué au roi Abgar d’Edesse qui aurait écrit à Jésus : « ...et ayant entendu tout cela (les miracles) sur ton compte, j’ai décidé de deux choses l’une, ou bien tu es Dieu descendu du ciel, et fais ainsi ces choses, ou que tu es un fils de Dieu pour faire ces choses... ».
Des copies de cette lettre et de la réponse qu’aurait donnée Jésus, ont aussi été trouvées sur des papyrus grecs des 4ème et 5ème siècles, ainsi que sur un linteau découvert à Ephèse.
En fait, s’il est difficile de croire en l’authenticité de cet échange de lettres, ce document ancien accorde lui aussi, à Jésus, les attributs de la divinité.
9. L’Epître à Diognète [22]
L’épître [23] à Diognète date du milieu du 2nd siècle. Elle contient sur Jésus, ce renseignement : « Il l’envoya comme Dieu comme un homme parmi les hommes ».
10. Le témoignage de Celse [24]
Celse, dans son Discours vrai [25], n’accepte des évangiles que les faits correspondant à ses visées polémiques, telles les faiblesses de la nature humaine de Jésus, les plaintes de son agonie, sa mort sur la croix, etc., qui d’après lui, seraient toutes indignes d’un Dieu. Il accuse d’ailleurs les chrétiens d’avoir plagié la doctrine trinitaire d’une mauvaise interprétation de Platon, à quoi Origène répondra que c’est dans l’Ecriture qu’on trouve cette doctrine.
11. La pensée de Porphyre [26]
Dans ses quinze livres « Contre les Chrétiens », Porphyre soulève au nom de principes philosophiques, la même objection que Celse : « Un Dieu peut-il souffrir ? »
12. Le témoignage des ennemis
En 1856 [27], on découvrit une caricature grossière de la crucifixion gravée sur le mur d’un bâtiment antique de la colline du Palatin à Rome. Elle représente un corps humain à tête d’âne attaché et cloué sur une croix, les bras étendus. Sur le côté se trouve un jeune garçon, la main levée en signe d’adoration. L’inscription figurant en-dessous de cette gravure est la suivante : « Alexamenos adore son Dieu ». Ce document date du 2nd siècle [28].
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