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49 Ep 006-012 002 Nous n’avons pas à lutter contre la chair…

lundi 25 juillet 2011

Le but de cette réflexion est d’apporter un éclairage précis sur un verset de l’épître aux Ephésiens (Ep 6 : 12) que certains utilisent pour justifier des enseignements hors de l’équilibre de la Parole de Dieu sur le combat spirituel et la délivrance… Enseignements qui malheureusement envahissent de plus en plus les milieux chrétiens.

Il n’est absolument pas nécessaire de connaître un ennemi vaincu pour mieux le combattre, ce qui est important c’est de connaître Celui qui l’a vaincu et qui s’appelle JESUS CHRIST, afin d’entrer et de demeurer dans SA VICTOIRE par LES MOYENS qu’IL a DONNES.

JESUS-CHRIST a dépouillé les principautés et les autorités et les a publiquement livrées en spectacle, en les entraînant dans son triomphe par la CROIX (Col 2 : 15).

« Car nous n’avons pas à lutter ( pale) contre la chair ( sarx) et le sang ( haima), mais ( alla) contre les dominations ( arche), contre les autorités ( exousia), contre les princes ( kosmokrator) de ce monde ( aion) de ténèbres ( skotos), contre les esprits ( pneumatikos) méchants ( poneria) dans les lieux célestes ( epouranions). » (Ep 6 : 12)

Quelques explications sur les termes principaux inspirés par le Saint-Esprit dans ce texte :

  • Lutter : La lutte dont il est question ici correspond à un jeu sportif très populaire en Grèce [1] appelé le (pale) qui oppose deux adversaires appariés par tirage au sort [2]. Quand le nombre de participants est impair, l’urne contient une marque vierge qui permet à l’athlète qui la tire de gagner par défaut Le but est de projeter son adversaire au sol sans y être entraîné soi-même ; le contact au sol peut se faire avec n’importe quelle partie du corps à l’exception des pieds : dos, épaules, hanche ou genoux. Les Grecs distinguent ainsi la lutte à proprement parler, qualifiée de « lutte debout » ( , orthe pale), de la lutte au sol ( , kúlisis ou , halíndêsis), qui n’est utilisée qu’au pancrace [3] et qui se pratique, à l’entraînement, dans la boue [4]. Ce terme fait donc appel à la notion d’un combat fictif (même s’il est rude) et futile.
  • Chair, sarx désigne la substance du corps vivant qui recouvre les os et qui est irriguée par le sang, de l’homme et des animaux.
  • Sang, haima désigne le mouvement, le souffle qui permet au corps, la chair, de se mouvoir ; il représente l’âme [5] (Gn 9 : 4 ; Lv 17 : 14 ;…) siège des considérations d’honneur, de compétition, de jalousie…
  • Mais, alla peut se traduire par « plutôt » ou « tout de même ».
  • Le mot traduit par dominations, arche, désigne le principe et le commencement, la cause et l’origine (Jn 1 : 1 [6]).
  • Le mot traduit par autorités, exousia, désigne le pouvoir de choisir, la liberté de faire ce qui plaît, la capacité ou la force dont chacun universellement dispose, qu’il possède ou exerce au niveau physique et au niveau mental. Par extension il désigne soit l’autorité du genre humain soit une marque d’autorité [7].
  • kosmokrator, traduit par princes, est formé de deux racines :
    • kosmos qui peut désigner l’univers comme les hommes ou un groupe d’homme [8]. Dans tous les cas il s’agit toujours d’un arrangement habile et harmonieux, d’un ordre ou d’une organisation.
    • kratéo qui a deux sens : « être fort, puissant, dominer, être le maître » mais aussi « faire prévaloir son avis » [9].
  • Monde, aion, désigne le monde de ce siècle, le monde soumis au temps. Il vient de aei, un adverbe qui signifie sans cesse, toujours, constamment, depuis toujours.
  • Ténèbres est la traduction de skotos qui signifie littéralement « qui rend la vue trouble » ou « qui diminue l’acuité visuelle rendant aveugle » d’où son utilisation pour ténébreux, obscure. Il est employé métaphoriquement de l’ignorance concernant les choses divines, devoirs humains, ce qui accompagne l’impiété et l’immoralité.
  • Esprits, pneumatikos est un adjectif employé au nominatif singulier. Au singulier, ce mot désigne dans sa globalité ce qui est de l’esprit, à savoir l’intelligence, la compréhension [10] qu’elle soit régénérée par le Saint-Esprit ou non.
  • Méchants, poneria désigne ce qui est empreint de dépravation, d’iniquité, de méchanceté, de malice et qui porte à de mauvais desseins, à des désirs méchants qui sont contraires à la volonté de Dieu.
  • Lieux célestes, epouranions est constitué de deux racines grecques donnant le sens de « au-delà de ce qui est visible » :
    • epi : par-delà, au-dessus.
    • ouranos : la voûte étendue du ciel et tout ce qui y est visible

Ainsi, l’apôtre Paul déclare que nous n’avons pas à rentrer dans une lutte inutile et futile, une sorte de « combat utopique » qui monopoliserait nos forces et nos efforts alors que le véritable combat n’est pas là ! Il ne s’agit pas de rentrer dans une sorte de compétition qui serait malsaine et qui porterait davantage à la jalousie qu’à la glorification de la personne de Jésus-Christ en nous poussant à la sanctification… Si l’apôtre avait parlé d’un combat comme l’entendent ceux qui s’appuient sur ce verset pour justifier des pratiques non bibliques comme l’exorcisme de chrétien [11] soit disant démonisés [12], il aurait employé le terme polemeo que l’on trouve par exemple dans le livre de l’apocalypse (Ap 19 : 11) et qui correspond à un combat guerrier armé pour la survie.

Le terme pale utilisé par l’apôtre dans l’épître aux Ephésiens décrit un combat sans arme, une lutte au corps à corps ; pour bien montrer que ce combat est un leurre, l’apôtre Paul décrit dans les versets suivants les armes du chrétien [13] engagé dans un réel combat spirituel.

Plutôt que ce pseudo-combat, nous devons réagir devant ce qui a amené dès l’origine à la « liberté de choix », c’est-à-dire à la connaissance du bien et du mal qui « agit dans nos membres, de sorte que nous portions des fruits pour la mort » (Rm 7 : 5) et qui nous rend « comme des dieux » (Gn 3 : 5). Il s’agit de ces pensées qui rendent notre entendement et notre compréhension de l’Amour de Dieu flous parfois jusqu’à nous faire perdre le chemin de la Vérité [14] (Ep 4 : 18)…

Ce verset ne nous invite nullement à combattre des esprits mauvais et démoniaques (qui ont été publiquement vaincus et dépouillés : Col 2 : 15 ; dépouillé, deigmatizo, signifie littéralement séparé et sans aucun contact possible) comme certains voudraient nous le faire croire mais à nous débarrasser des faux raisonnements (Jc 1 : 22 et 2 Co 10 : 5 [15]) qui nous rendent aveugles sur notre propre état jusqu’à nous faire perdre de vue le modèle d’en-haut à savoir Jésus-Christ.

Prenons garde car « de même que le serpent séduisit Eve par sa ruse, faites attention que vos pensées ne se corrompent et ne se détournent de la simplicité à l’égard de Christ. Car, si quelqu’un vient vous prêcher un autre Jésus ou si vous recevez un autre Esprit que celui que vous avez reçu, ou un autre Evangile que celui que vous avez embrassé, vous le supportez fort bien » (2 Co 11 : 3 et 4).

Documents liés à celui-ci :

« 49 Ep 006-012 002 Nous n’avons pas à lutter contre la chair… »
« 44 Ac 017-017 001 Le véritable combat spirituel »
« 49 Ep 006-011 002 La vie chrétienne et le véritable combat spirituel »
« 49 Ep 004-017 001 Le combat spirituel dans les pensées »
« 47 2 Co 010-004 001 Les forteresses à renverse »
« 60 1 Pi 004-012 002 Le combat spirituel du disciple de Christ »

(au sujet de l’utilisation des textes)

Notes

[1] Peut-être davantage encore que la course à pied.

[2] Le combat a lieu sur la skamma, une aire ameublie à la pioche et recouverte de sable, également utilisée pour le saut en longueur ; les athlètes tirent des marques d’une urne et ceux qui portent la même lettre de l’alphabet combattent ensemble.

[3] Le pancrace est un sport de combat grec, permettant au temps des jeux olympiques antiques quasiment tous les coups, même les plus mortels. Seules, étaient interdites les techniques d’arrachage des yeux et de morsure. Aujourd’hui, ce sport est une discipline dont le règlement a été revu et corrigé par le gouvernement grec afin de le voir revenir prochainement dans les jeux olympiques actuels.

[4] Les deux adversaires commencent par se ceinturer, dans une pose souvent reprise sur les vases.

[5] Voir « 01 Gn 002-007 002 L’être humain, corps, âme et esprit »

[6] Dans Jn 1 : 1, « Au commencement » est la traduction de «   ».

[7] Voir « 46 1 Co 011-005 001 Le port du voile pour la femme »

[8] Les textes bibliques l’utilisent parfois pour désigner les gentils, en opposition aux juifs (Rm 11 : 12) comme parfois pour désigner les croyants (Jn 1 : 29, 3 : 16).

[9] Aristote emploie plusieurs fois le mot « dominer » ( , kratéo) comme une métaphore de « connaître » (De l’âme. 429a).

[10] Voir « 01 Gn 001-026 002 Créé à l’image et à la ressemblance de Dieu »

[11] Voir « 46 1 Co 006-019 001 Est-ce biblique d’exorciser un chrétien ? »

[12] De nos jours, des serviteurs de Dieu et des chrétiens, pour prouver qu’un chrétien peut être habité par un démon, font, à tort, la distinction suivante : ils disent « qu’un chrétien né de nouveau ne peut pas être « possédé » mais qu’il peut être « démonisé ». La « possession », selon eux, suggère l’appartenance au diable et comme le chrétien appartient à Dieu, il ne peut donc pas être possédé. En revanche, ils affirment que le chrétien peut être « démonisé ». Ceux qui croient en la « démonisation » des chrétiens affirment qu’à la conversion, Jésus aurait seulement délivré notre esprit et qu’il nous incombe de nous délivrer nous-mêmes des démons qui pourraient encore se trouver dans notre âme ou notre corps. Ils inventent là un processus de délivrance que nous ne trouvons nulle part dans les Ecritures. Voir « 40 Mt 004-004 001 Le chrétien et la possession démoniaque »

[13] Voir « 49 Ep 006-011 001 Une armure pour tenir ferme » et « 49 Ep 006-011 002 La vie chrétienne et le véritable combat spirituel »

[14] Voir « 49 Ep 004-017 001 Le combat spirituel dans les pensées »

[15] Voir « 47 2 Co 010-004 001 Les forteresses à renverser » et « 47 2 Co 004-003 001 Les forteresses sont des faux raisonnements »

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