— Mon fils, lui dit sa mère, le maître désire te voir. Hâte-toi d’aller auprès de lui.
Le jeune homme posa ses pinceaux et se rendit en hâte auprès de son maître gravement malade.
— Léonardo, lui dit le peintre, le tableau que j’ai commencé pour l’autel du cloître Saint-Jean, voudrais-tu l’achever pour moi ?
L’élève baissa les yeux.
— Maître, j’en suis incapable, absolument incapable. Je gâterais ton oeuvre, rien qu’en la touchant.
Le vieux peintre sourit.
— Non, mon fils, fais de ton mieux. Travaille pour l’amour de moi. La peinture doit être achevée et tu peux faire cela.
Le soir, dans la mansarde d’une maison de Florence une prière montait vers le ciel : « Mon Dieu, disait Léonard agenouillé, aide-moi pour l’amour de mon maître à faire du mieux que je puis. »
L’œuvre achevée, le jeune élève vint la présenter au malade.
— J’ai fait de mon mieux, Andréa, et c’est par amour pour toi.
Le bon vieillard fondit en larmes :
— Mon fils, mon fils, tu as bien réussi, même très bien. Je n’ai pas besoin de me remettre au travail [2]. Florence sera fière un jour de Léonard de Vinci.
Il y a dans chacun de nous un talent que le Maître connaît. Il nous appelle à le faire valoir. Que faites-vous de votre talent ? Que faites-vous de vos dons, de votre santé, de votre science ?
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