THEONOPTIE

60 1 Pi 004-012 002 Le combat spirituel du disciple de Christ

mercredi 3 mars 2010

« Combats le bon combat de la foi, saisis la vie éternelle, à laquelle tu as été appelé et pour laquelle tu as fait une belle confession en présence d’un grand nombre de témoins. » (1 Ti 6 : 12)

« J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé la course, j’ai gardé la foi. » (2 Ti 4 : 7)

Une existence orientée vers la vérité de l’évangile peut tout de même stagner, voire avoir un résultat néfaste dans le témoignage. Comment est-ce possible ? Pourtant, les résultats devraient être positifs avec une existence basée sur

  • l’acceptation de la Bible comme étant la Parole de Dieu ;
  • la justification par la foi,
  • la nouvelle naissance par l’Esprit
  • la nouvelle vie dans la puissance de la résurrection de Christ

… et avec pour but

  • d’amener les gens à la nouvelle naissance
  • de les conduire à la meilleure expérience de vie de ressuscités.

Cependant le constat est parfois différent : l’objectif est de magnifier la grâce et on obtient l’opposé. Mais si la doctrine est bonne, comment cela a-t-il pu mal tourner ? La réponse est qu’une existence totalement accaparée par les vérités de l’évangile peut dériver en donnant une application déficiente à ces vérités.

Ce type d’existence commence par mettre en évidence la différence que cela fait de devenir chrétien : cela apporte à l’homme

  • le pardon des péchés,
  • la paix de la conscience
  • la communion avec Dieu en tant que Père.

Cela signifie aussi que, par la puissance du Saint-Esprit qui réside en lui et avec la lumière et la direction que Dieu lui donnera, le chrétien est :

  • capable d’avoir la victoire sur les péchés qui le maîtrisaient auparavant,
  • capable de trouver une solution à ses problèmes auparavant insurmontables de direction, de réussite, de relations personnelles et de désirs du cœur.

Ainsi exprimées, dans des termes généraux, ces grandes assurances sont scripturaires et véridiques. Mais il est possible de les appuyer au point de minimiser le côté rude de la vie chrétienne :

  • l’émondage quotidien,
  • la guerre sans fin avec le péché et Satan,
  • la marche périodique dans les ténèbres.

Cela donne l’impression que la vie chrétienne est un douillet lit de roses, un état où tout est agréable dans le jardin en tout temps, où les problèmes n’existent plus, ou s’ils surviennent, ils ont seulement besoin d’être apportés au trône de la grâce et ils fondront à l’instant. C’est suggérer que le monde, la chair et le diable ne causeront pas de problèmes sérieux à celui ou à celle qui a donné sa vie à Christ, qu’il ou elle n’expérimentera plus de circonstances adverses, de relations interpersonnelles difficiles ni de problèmes de conduite personnelle.

C’est ainsi que se créent de fausses attentes non par de la malice mais plutôt par une bonté irresponsable de la part de celui qui présente ainsi la vie chrétienne [1]. Mais l’apôtre Pierre nous présente la vie chrétienne autrement :

« Bien–aimés, ne soyez pas surpris, comme d’une chose étrange qui vous arrive, de la fournaise qui est au milieu de ( en) vous pour vous éprouver ( peirasmos). » (1 Pi 4 : 12)

  • en est une proposition d’état qui signifie « à l’intérieur de ».
  • peirasmos signifie « expérience » ou « épreuve ».

La traduction de ce verset pourrait donc être : « Bien–aimés, ne soyez pas surpris, comme d’une chose étrange qui vous arrive, de la fournaise qui est en vous-même pour vous rendre expérimenté. »

A mesure que nous grandissons et sommes capables d’en supporter plus, Dieu nous entraîne à une école plus ardue comme un père le fait pour son enfant : à mesure que l’enfant grandit, il le laisse plus libre de ses choix. Ainsi Dieu nous expose à des expériences en laissant la pression d’influences opposées et décourageantes mais toujours selon nos capacités d’endurance (1 Co 10 : 13). C’est ainsi que Dieu forme nos caractères, fortifie notre foi et nous prépare à aider les autres. Alors Dieu peut se glorifier dans nos vies, rendant sa force parfaite dans notre faiblesse (2 Co 12 : 9 [2]). Il n’y a donc rien d’anormal à expérimenter une augmentation des tentations, des conflits et des pressions dans la marche chrétienne avec Dieu. Mais le chrétien qui s’était fait à la pensée que la vie chrétienne normale est sans nuage et sans problème, ne peut que conclure qu’il s’est écarté de la bonne voie. Sa question sera alors : comment puis-je retrouver le droit chemin ? [3]

Il est vrai qu’un chrétien peut régresser et se laisser corrompre par le péché. Si c’est le cas, le remède est une repentance réelle et profonde devant son Seigneur. La grâce de Dieu ne consiste pas à nous préserver des attaques de Satan, du monde et de la chair, des mauvaises circonstances ou des troubles causés par notre caractère déficient, mais plutôt à permettre que nous y soyons exposés pour que nous réalisions notre incompétence, ce qui nous pousse à nous attacher à Dieu plus profondément pour tenir ferme.

L’apôtre Paul répète à juste titre à plusieurs reprises la même exhortation à « tenir ferme », comme si c’était une chose primordiale à ne jamais oublier dans le combat spirituel. Pour Paul, ce combat ne consiste pas à gagner une bataille ou à affronter Satan, mais à « tenir ferme » (le terme grec employé, histemi, est une expression militaire signifiant résister aux attaques de l’ennemi), c’est-à-dire à préserver à tout prix la victoire que son Sauveur lui a déjà acquise. « Cette guerre n’est pas la nôtre, mais celle de Dieu » (2 Ch 20 :15 version Darby). Ainsi, être capable de tenir ferme contre les attaques et les ruses du diable sera la tâche la plus importante et la plus ardue du chrétien. Et comment cela est-il possible ? En nous revêtant de toutes les armes de Dieu (en grec, panoplia l’armure complète). (Lire Ep 6 : 11 à 14 en insistant sur les mots « tenir ferme » aux versets 11, 13 et 14)

Le mot « ruse » de Ep 6 : 11 est methodeia qui signifie « sournois, astucieux, trompeur, tricheur ». Le diable fera tout pour nous désorienter ; il veut nous égarer dans un combat spirituel inutile et illusoire, dans de vains affrontements avec lui, pour nous empêcher d’utiliser les armes puissantes de Dieu qui seules peuvent résister victorieusement à ses stratagèmes.

Si l’apôtre Paul exhorte les chrétiens à se garder des ruses de Satan, dans Ephésiens 6 : 10 à 20, il le fait seulement après leur avoir déclaré, dans Ephésiens chapitre 1, que par Sa croix et Sa résurrection, Jésus-Christ a déjà vaincu l’ennemi et qu’il est maintenant assis à la droite du Père dans les lieux célestes, « au-dessus de toute domination, de toute autorité, de toute puissance, de toute dignité, et de tout nom qui peut être nommé, non seulement dans le siècle présent mais encore dans le siècle à venir » (Ep 1 : 20 et 21).

Il voulait donc dire que le combat avec les puissances démoniaques n’attend pas quelques nouvelles victoires mais qu’elle a déjà été remportée et que les chrétiens bénéficient de ce triomphe grâce à leur union avec Christ. Voilà pourquoi, en parlant du combat spirituel dans ce passage, il exhorte les Ephésiens non à combattre Satan mais à simplement « résister » (à ses ruses), et à « tenir ferme » (dans la victoire déjà acquise sur lui à la croix), en utilisant toutes les armes puissantes, spirituelles et invincibles que Dieu a mises à leur disposition.

« Revêtez-vous de toutes les armes de Dieu... C’est pourquoi, prenez toutes les armes de Dieu » (Ep 6 : 11 et 13). Ces deux versets peuvent aussi se traduire : « Revêtez-vous et prenez toutes les armes qui viennent de Dieu ». Dieu étant l’auteur de toute cette armure, celle-ci est donc invincible, puissante, et amplement suffisante pour notre combat. La double exhortation de Paul à se revêtir et à prendre toute l’armure de Dieu n’est certainement pas une répétition inutile. Elle révèle qu’elle est absolument nécessaire pour combattre victorieusement jusqu’au bout. Si devant un ennemi aussi rusé et menteur qu’est le diable nous nous appuyons sur nos propres forces nous serons vaincus d’avance.

Dans ce combat spirituel qui est le nôtre, nos armes charnelles et humaines ne sont d’aucune utilité mais nous ne sommes pas livrés à nous-mêmes. Nous bénéficions de la même armure que Jésus-Christ a utilisée. En nous revêtant de cette armure, c’est de Christ que nous nous revêtons, de sa victoire, de sa vérité, de sa justice, de sa paix, de son salut, de sa foi. C’est aussi sa Parole qui nous permet de résister à toutes les ruses d’un ennemi vaincu, même si ce dernier refuse de l’admettre, et fait tout pour nous déstabiliser de notre position de vainqueur.

En endossant toute l’armure de Dieu, nous luttons efficacement contre les puissances des ténèbres qui s’opposent à nous et non en nous attaquant directement à elles. Ce texte d’Ephésiens 6 : 10 à 18 ne suggère aucun affrontement direct avec l’ennemi comme certains l’enseignent à tort. L’apôtre Paul, dans tous ses voyages missionnaires, ne fait jamais mention de prières agressives contre Satan et pourtant il a ouvert des nations à l’Evangile.

Il ne s’agit pas de porter l’armure d’Ephésiens 6 : 11 pour gagner de nouveaux territoires mais pour empêcher le diable de nous dérober notre glorieux héritage. Satan cherche continuellement à nous dépouiller de tout ce que nous possédons en Christ et à nous rendre esclaves. Voilà pourquoi il est dit que nous devons « lutter contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes » (Ep 6 : 12). Mais cela ne signifie pas que nous devons les affronter, comme on pourrait le penser car le verbe traduit par « lutter » est esti qui est le verbe être : il ne s’agit pas d’une lutte à proprement parler mais d’un état de fermeté, d’une position ferme à garder. Par ailleurs, la préposition contre répétée quatre fois ici, met plutôt en évidence l’hostilité implacable et tenace d’un ennemi vaincu qui cherche, lui, à s’opposer constamment à nous par tous les moyens (et le meilleur moyen qu’il utilisera est l’excitation des penchants néfastes comme la colère…).

D’autre part, il est bon de se rappeler que cette armure n’est pas destinée à protéger notre dos ; notre seule sécurité se trouve assurément dans une constante résistance à ses attaques (Jc 4 : 7).

Quel est l’objectif de l’armure du chrétien ? Notre objectif ne doit pas être de remporter de nouvelles victoires sur l’ennemi, mais de demeurer ferme dans la victoire déjà acquise par la croix. Revenons à l’expression « tenir ferme » que nous retrouvons quatre fois dans le texte grec (Ep 6 : 11, 13 et 14). Elle contient l’idée de réussite dans le combat et signifie que le terrain contesté par l’ennemi appartient à Dieu et par là-même à nous aussi. Ainsi les chrétiens ne doivent pas attaquer Satan ou s’avancer contre lui ; ils doivent seulement « tenir ferme » et conserver le territoire que Christ a déjà conquis pour eux. S’il n’en était pas ainsi, nous aurions à lutter pour nous y établir.

En Christ, la défaite de l’ennemi est déjà une réalité et l’Eglise est entrée dans cette victoire de Christ pour maintenir l’ennemi dans la défaite. C’est Satan qui doit contre-attaquer s’il veut nous déloger de cette position. Nous n’avons donc pas à lutter pour occuper un terrain qui nous appartient déjà. En Christ, nous sommes plus que vainqueurs (Rm 8 : 37). C’est en lui seul que nous tenons ferme. Nous ne luttons pas pour gagner parce qu’en Christ nous avons déjà gagné. Les vainqueurs sont ceux qui se reposent dans la victoire qui leur a déjà été acquise par leur Sauveur. Quelle Bonne Nouvelle !

A partir de ce constat de l’importance de tenir ferme et de résister au diable en se revêtant de l’armure du chrétien, nous étudierons successivement les différentes parties de cette armure, (Ep 6 : 11 à 18) à savoir :

  • la ceinture de la vérité ;
  • la cuirasse de la justice ;
  • les chaussures du zèle que donne l’Evangile de paix ;
  • le bouclier de la foi ;
  • le casque du salut ;
  • l’épée de l’Esprit, qui est la parole de Dieu ;
  • la prière par l’Esprit.

« Je vous ai écrit, jeunes gens, parce que vous êtes forts et que la parole de Dieu demeure en vous, et que vous avez vaincu le malin » (1 Jn 2 : 14). « Grâces soient rendues à Dieu, qui nous fait toujours triompher en Christ ! » (2 Co 2 : 14).

Documents liés à celui-ci :

« 60 1 Pi 004-012 002 Le combat spirituel du disciple de Christ »
« 49 Ep 006-014 001 La ceinture de la vérité »
« 49 Ep 006-014 002 La cuirasse de la justice »
« 49 Ep 006-015 001 Les chaussures de la paix »
« 49 Ep 006-016 001 Le bouclier de la foi »
« 49 Ep 006-017 001 Le casque du salut »
« 49 Ep 006-017 002 L’épée de l’Esprit »
« 49 Ep 006-018 001 La prière »

(au sujet de l’utilisation des textes)

Notes

[1] Le témoin cherche à gagner ses auditeurs à Christ ; par conséquent, il embellit la vie chrétienne, la rendant joyeuse et sans souci autant qu’il peut, afin de les attirer. Ces exagérations causent du dommage chez ceux qui y adhèrent avec la certitude que leurs casse-têtes sont derrière eux. Après les premières grandes vagues de joie de la nouvelle naissance des premières semaines, ils s’aperçoivent que ce n’est pas comme énoncé au début ; ils continuent à avoir des problèmes de colère, de relations interpersonnelles, de besoin non comblés, de tentations dérangeantes, parfois même plus qu’avant leur conversion ! Dieu ne rend pas leurs circonstances plus faciles. Que vont-ils penser maintenant ?

[2] Voir « 40 Mt 025-015 001 Au moins un talent »

[3] Le danger d’une telle situation est de considérer à tort toutes les expériences de frustration ou de tentation comme des signes de marginalité spirituelle car certains ministères empirent l’esclavage en proposant un remède pour se débarrasser de ces expériences. Ils insistent sur le fait que cette « lutte » qui pour eux équivaut à une « défaite » serait causée par un relâchement du maintien de la consécration et de la foi. Ils affirment alors que le converti s’est refroidi, est devenu insouciant ou a fait un compromis quelconque dans son obéissance ou a cessé de faire confiance à tout instant au Seigneur, voire qu’il a besoin d’une délivrance particulière. Ils sont à la recherche de défaillances inexistantes dans leur consécration, croyant que s’ils arrivent à trouver ces défaillances, ils pourront les confesser, les abandonner et retrouver l’expérience de leur enfance spirituelle que Dieu a décidé de mettre derrière eux pour les faire passer à d’autres choses afin de les faire grandir en maturité spirituelle. Cela produit une régression spirituelle et une irréalité ; cela les place en contradiction avec le plan de Dieu pour leur vie. C’est cruel car cela freine le développement spirituel, produisant à tout le moins des adultes qui se plaignent sans cesse, irresponsables, égocentriques, au pire cela conduit des chrétiens sincères et honnêtes à l’introspection morbide, l’hystérie, la dépression et la perte de foi.

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