Dans l’Ancien Testament, l’un des noms de Dieu est « Adonaï Shalom » (Jg 6 : 24). Le mot
[4] shalom signifie « absence de guerre », « souhait de paix dans tout son être », « souhait de paix dans toutes ses entreprises », « paix profonde » [5].
En Occident, on s’inquiète de son interlocuteur en lui posant la question « comment vas-tu ? » ou « comment ça va ? ». Puisque nous ne sommes pas Dieu, le fait de poser une question à quelqu’un ne changera rien à sa situation, qu’elle soit bonne ou mauvaise ; souhaiter quelque chose à quelqu’un n’a aucune influence.
Au temps de la civilisation gréco-romaine, c’est la « salutation » qui prévaut avec le mot « salut » [6]. Ce signe n’a rien d’un souhait de bonheur pour quelqu’un mais plutôt d’allégeance à un dominateur [7]. Quand on lève la main, c’est pour jurer et se mettre sous la domination d’un homme.
Dans la culture biblique, à chaque rencontre on dit « Comment va ta paix ? »…
Exprimé de manière humaine, encore une fois, ce souhait n’a aucune influence sur la situation. Par contre, si on fait référence à l’action de Dieu, comme dans le terme hébreu utilisé par Jésus ou l’apôtre Paul « que la paix soit avec vous », alors il s’agit d’une réelle prière d’invitation à trouver la paix… Celle qui se veut être par delà nos difficultés et nos souffrances ; celle qui peut nous soutenir chaque jour pour assumer, marcher, avancer…
Cette paix ne peut venir que de Jésus-Christ qui a enseigné à plusieurs reprises dans les Evangiles que la paix individuelle de l’homme avec Dieu (le salut de son âme ou la réconciliation avec Dieu) devait être la préoccupation majeure de son existence ici-bas ; car Il a dit : « Et que servirait-il à un homme de gagner le monde entier s’il perdait son âme ? Ou que donnerait un homme en échange de son âme » (Mt 16 : 26). Après la mort, ni nous, ni personne ne pourra faire quelque chose pour nous sauver. Ce sera trop tard (Hb 9 : 27).
Jésus, dans un autre texte de l’Evangile, insiste sur la nécessité absolue de « la nouvelle naissance » pour être sauvé et entrer dans le Royaume de Dieu [8]. Il affirme en s’adressant à Nicodème, un chef religieux juif : « En vérité en vérité je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu... Ne t’étonne pas que je t’aie dit : il faut que vous naissiez de nouveau » (Jn 3 : 3 et 7) [9].
Ecoutons encore cet avertissement du Seigneur Jésus : « Entrez par la porte étroite. Car large est la porte, spacieux le chemin qui mènent à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par là. Mais étroite est la porte, resserré le chemin qui mènent à la vie, et il y en a peu qui les trouvent » (Mt 7 : 13 et 14). Il nous exhorte à ne pas suivre la multitude les yeux fermés en pensant que la vérité est toujours du côté du grand nombre.
Il est donc essentiel d’examiner ce que signifie être « né de nouveau » selon les Ecritures et non selon ses propres traditions religieuses car cette obligation s’adresse à tous les hommes de toutes religions et de toutes races, sans exception.
1. Comment expérimenter l’indispensable « nouvelle naissance » ? [10]
Cette expérience du salut indispensable pour être en règle et en paix avec Dieu, la Bible l’appelle « la nouvelle naissance » (Jn 3 : 3), « la conversion [11] » (1 Th 1 : 9) ou « la régénération » (Tit 3 : 5). C’est elle seule qui nous permet de fuir la colère [12] à venir (1 Th 1 : 10), de s’écarter du châtiment [13] de Dieu (Hb 12 : 8) et d’échapper au jugement dernier [14] (Ap 20 : 15). Elle n’a rien à voir avec le fait d’être religieux ou de pratiquer fidèlement les commandements ou les rites de son église. Car une personne, tout en étant religieuse, peut hélas être perdue.
Nicodème, dans l’Evangile de Jean, est la parfaite illustration. Il était chef des Juifs, pharisien, docteur d’Israël. Il enseignait sa religion aux autres et cependant, selon Jésus, il n’était pas « né de nouveau », donc pas sauvé (Jn 3 : 1 à 10). Devant le grand étonnement de Nicodème, Jésus a insisté sur le fait que cette expérience était impérative pour entrer dans le Royaume de Dieu.
Quelles sont donc les étapes obligatoires à franchir pour expérimenter cette vérité incontournable ? Il y en a principalement deux :
La vraie repentance n’existe jamais en dehors de la foi. L’une ne va pas sans l’autre. On ne peut pas se détourner du péché sans, en même temps, se tourner vers Dieu. Réciproquement, nous pouvons dire que la véritable foi ne peut exister sans la repentance. La repentance et la foi sont étroitement liées dans les Ecritures ; il faut donc les considérer attentivement ensemble (Mc 1 : 15).
2. La « nouvelle naissance », une transformation [17] et une délivrance [18]
Seul l’Evangile [19] de Jésus-Christ déclare être en mesure de prendre la nature déchue de l’homme, de la régénérer, de la transformer en lui communiquant l’Esprit de Dieu, c’est-à-dire la vie de Dieu lui-même. « Nous qui étions morts par nos offenses, (Dieu) nous a rendus vivants avec Christ... Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés [20], par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie » (Ep 2 : 5, 8 et 9).
L’expression « morts par nos offenses » est très importante et trop souvent ignorée, négligée ou totalement incomprise. La mort spirituelle dont il est question ici est la condition de perdition de l’homme naturel ou irrégénéré, qu’il soit religieux ou pas (Ep 2 : 1 ; 1 Ti 5 : 6). Etranger à la vie de Dieu (Ep 4 : 18 et 19), il est dépourvu de son Esprit (Rm 8 : 9). Cette expression veut aussi dire qu’après la mort physique, il se trouve dans un état de séparation éternelle avec Dieu, dans une souffrance consciente, ce que les Ecritures appellent « la seconde mort » (Ap 2 : 11 ; 20 : 6 ; 21 : 8), « l’étang de feu » (Ap 20 : 14) ou « l’enfer » (Mt 10 : 28).
Seule la mort expiatoire [21] de Jésus sur la croix nous délivre de la mort éternelle qu’est la seconde mort ou l’enfer.
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