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T0376 Le premier peul à donner son cœur à Christ

mardi 5 décembre 2006

Je suis peul Wodabé et j’ai grandi en brousse avec les troupeaux de zébus. Dans ma jeunesse, en 1974, il y a eu une période de famine au Niger. Alors je suis parti au Nigeria à Jos pour chercher du travail. Là, j’ai obtenu un emploi chez un européens. C’est lui qui a commencé à me parler du Seigneur. Il m’a même acheté un poste de radio pour me permettre d’écouter des cassettes avec des messages de l’Evangile en langue peule. Il m’a montré de l’estime et m’a confié des responsabilités dans le travail. J’écoutais l’évangile, mais sans devenir chrétien. Un jour, je lui ai demandé de me payer le voyage jusqu’à La Mecque. Il m’a interrogé : Que vas-tu chercher là-bas ? Je lui ai dit : le paradis. Il m’a répondu : le paradis n’est pas là-bas, mais ici avec Jésus [1] . Je restais un temps chez lui à cause du travail, puis je suis retourné dans ma région natale à Agadez.

Un jour, j’ai rencontré Jean-Paul (missionnaire à Agadez de 1978 à 1991) qui tenait une petite boutique de livres chrétiens au milieu du grand marché. Lui aussi a commencé à m’enseigner l’histoire de Jésus. Il était très cordial et m’invitait à venir discuter avec lui à chaque fois que j’avais le temps. C’est ainsi que nous avons beaucoup parlé ensemble et nous sommes devenus amis. C’est alors que j’ai envisagé de devenir chrétien et je lui posais beaucoup de questions. Quand il m’enseignait certaines vérités, je partais ensuite chez les marabouts pour avoir aussi leur avis. J’ai bien compris que Jean-Paul me disait la vérité ; mais j’ai constaté que personne ne prenait en considération ce qu’il disait, ni les haoussas, ni les peuls. Cela m’a fait beaucoup réfléchir. Tous ceux vers lesquels je me tournais, même mon père, cherchaient à me décourager de devenir chrétien. Seul Jean-Paul me fortifiait dans cette direction. Cela me tourmentait beaucoup.

Un jour, j’ai rencontré 3 marabouts dans le marché. Je connaissais l’un d’entre eux et leur ai posé une question : quel est le meilleur prophète ; celui qu’il est préférable de suivre pour être sauvé ? L’un d’eux a répondu : Toutes les histoires des prophètes sont fausses ; une seule est vraie, celle du prophète Mohamed [2] . Un autre n’était pas d’accord avec cette affirmation et ils ont commencé à discuter entre eux. Le 3ème dit alors : Tous les 2, vous êtes dans l’erreur. Un seul est encore vivant, c’est le prophète Jésus, que suivent les blancs [3] . C’est lui qui est monté au ciel et il va redescendre un jour. Les 2 autres ont convenu que c’était exact. En entendant cette parole, c’est comme une lourde pierre qui a été ôté de mon cœur. Je les ai remercié et suis parti avec joie et une grande paix, en louant Dieu. A partir de ce jour, j’ai pris la décision de suivre Jésus ; car pour trouver la vie, je préfère suivre celui qui est vivant.

J’ai informé Jean-Paul de ma décision et demandé le baptême. Il a commencé à m’apprendre à lire en haoussa. Mon père voulait m’empêcher de suivre ce chemin ; mais je lui ai répondu : va voir les marabouts ; eux-mêmes reconnaissent que Jésus est vivant. Je suis devenu chrétien et j’ai été baptisé en 1986 ; mais j’étais le seul de toute ma tribu. Avec Jean-Paul, nous annoncions la Parole de Dieu parmi les peuls en brousse et en ville. Cette année-là, il y avait encore une sécheresse et beaucoup d’éleveurs s’étaient réfugiés en ville. J’ai dû affronter un grand nombre de difficultés et de luttes, l’hostilité des gens et aussi des cauchemars la nuit. Mon seul refuge, c’était de venir vers les missionnaires. Là seulement, je recevais de la consolation et des encouragements. Une nuit, dans un rêve, une voix m’a dit : tel jour de telle semaine, tu vas mourir. On me rappelait mes nombreux péchés passés en marmonnant : il n’y aura pas de pardon pour toi, pas de pardon pour toi [4] . Le matin, je suis parti au nord d’Agadez sur une colline, tout seul avec ma bible. Là j’ai crié à Dieu en lui demandant de me pardonner. Je me suis repenti et j’ai supplié Dieu. Pendant mes prières et mes pleurs, un grand vent de poussière s’est levé autour de moi. J’ai ressenti comme si une pluie tombait sur moi et j’ai entendu une voix qui me disait : Tout tes péchés sont pardonnés.

Alors je suis redescendu avec ma bible en oubliant ma sacoche ; mais débarrassé de toutes mes angoisses, et avec une grande paix, une grande joie dans mon cœur. Le moment précis que l’on m’avait annoncé dans mon rêve où je devais mourir arriva. Je m’endormis. Dans mon sommeil, j’entendais le bruit de 2 couteaux que l’on aiguise l’un contre l’autre ; mais brusquement, ils furent enlevés au ciel et n’ont pas pu m’atteindre. A partir de ce jour, j’ai redoublé d’effort pour lire l’Evangile. Puis je suis parti avec Jean-Paul et un groupe de jeunes chrétiens à un rassemblement de jeunesse dans le sud du pays. A mon retour mes frères me demandèrent : Est-ce qu’il y a des peuls comme nous dans ces réunions ? Beaucoup de membres de ma tribu me considéraient comme un infidèle. Ils n’acceptaient plus ma présence, ou venaient me sermonner pour que je retourne dans le « bon chemin ». Certains se moquaient de moi et me demandaient combien les blancs m’ont donné d’argent pour que je change de religion. Ils m’exhortaient à suivre le dernier des prophètes, le seul valable. Néanmoins, je tenais ferme. Jean-Paul et moi sommes de nouveau partis à un rassemblement de chrétiens. Ils étaient venus de toutes les régions du Niger, mais pas un seul d’entre eux était peul, sinon moi. Tous étaient des haoussas ou des blancs, qui - d’après ce que disent les gens- les ont entraînés dans l’erreur. Brusquement, j’étais très découragé ; car je me sentais comme un étranger au milieu d’eux. Depuis mon enfance, on m’avait enseigné que si quelqu’un ne fait pas ses prières musulmanes, personne ne va s’occuper de sa sépulture le jour de sa mort. J’étais déprimé. Je me disais : j’ai suivi les conseils des étrangers et méprisé ceux de ma famille. J’étais habité par ce genre de pensées, quand nous sommes partis sur un stade pour assister en spectateurs à un match de football de la jeunesse chrétienne. Moi, je me fichais de ce jeu. J’étais découragé et seul. J’étais là sur le stade avec les autres, mais mon cœur n’y était pas. C’est alors que, brusquement, je vis une nuée descendre du ciel et j’aperçu un livre ouvert et sur ce livre, le nom de mon frère Daji [5] était inscrit. Puis le livre s’est refermé et a été emporté. J’ai immédiatement ressenti une grande joie. J’étais débarrassé du fardeau de mes mauvaises pensées et de ma tristesse ; mais je n’ai parlé de cela à personne. Nous sommes retourné à Agadez.

Peu de temps après, Daji m’annonçait que lui aussi voulait devenir chrétien. Par la suite, nous parlions souvent avec notre père. Il a fini par reconnaître que Jésus est la vérité et accepté de se faire baptiser, ainsi que ma mère et la plupart de mes frères et de mes sœurs.

Malam Modibo Agadez, Niger.

(au sujet de l’utilisation des textes)

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